États-Unis : une classe capitaliste de plus en plus parasitaire

Ce texte est adapté d’un article daté du 29 octobre 2015 paru dans la revue Class Struggle, éditée par le groupe trotskyste américain The Spark. Depuis, la banque centrale des États-Unis, la Federal Reserve, plus communément appelée Fed, a très prudemment relevé de 0 % à 0,25 % son taux d’intérêt principal le 16 décembre 2015. Cela ne change rien au dilemme de la Fed : faut-il maintenir des taux d’intérêt très bas, ce qui engendre des bulles spéculatives qui menacent en permanence l’économie d’un effondrement financier ; ou bien faut-il les relever, au risque de voir une économie aux investissements productifs faibles basculer carrément dans la récession ? Ce problème des dirigeants de l’État américain illustre l’impasse actuelle du capitalisme.

Depuis mai 2013, la seule évocation par les porte-parole officiels de la Fed d’une remontée des taux d’intérêt a provoqué plusieurs paniques boursières. L’économie dans son ensemble et le secteur financier sont extrêmement fragiles : aux États-Unis, le montant total des dettes des entreprises, des particuliers et surtout de la dette publique est supérieur de 13 % à son montant avant l’effondrement de 2007-2008. C’est la conséquence d’une longue crise économique marquée par des effondrements financiers réguliers : krach boursier de 1987, débâcle des caisses d’épargne en 1989, krach du grand fonds spéculatif LTCM en 1998, bulle Internet et krach boursier de la Net économie en 2001 et crise des subprimes de 2007-2008.

Après chaque effondrement des marchés financiers, les autorités ont fait la même chose : inonder d’argent les banques, les spéculateurs financiers et toute la classe capitaliste, les sauvant ainsi des crises qu’ils avaient provoquées. Ces sauvetages n’ont permis que la croissance de la dette et des bulles spéculatives… rendant nécessaires des sauvetages encore plus gigantesques. La Fed et le gouvernement américain gardent la classe capitaliste sous perfusion, ce dont elle ne peut plus se passer.

L’État sauve les plus grosses entreprises de la crise

Après le krach de 2007-2008, le renflouement des banques par le gouvernement est allé au-delà de tout ce qui avait été fait auparavant. À combien l’addition s’est-elle montée ? Impossible de le savoir puisque le gouvernement n’en a jamais fait le bilan. Mais en 2011 le New York Times chiffrait les engagements financiers de la Fed et de l’État fédéral à une somme comprise entre 12 000 et 13 000 milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB du pays à l’époque. Cette aide a pris la forme d’investissements directs dans la finance, d’achat de dettes des entreprises et de titres pourris basés sur les subprimes, de garanties pour d’autres titres tout aussi pourris, et de prêts. La plupart de ces dépenses se sont étalées sur des années et cela continue aujourd’hui. En fait, le gouvernement a signé un chèque en blanc à la bourgeoisie.

D’autres sommes sont issues du budget ordinaire, comme les dépenses militaires qui ont doublé en moins d’une décennie et qui inondent les fournisseurs de l’armée. L’extension de la sécurité sociale, rendant les assurances-santé obligatoires, a été l’occasion d’aides aux particuliers, qui en fait vont dans la poche des assureurs, à hauteur de 100 milliards en dix ans, leur permettant d’imposer des prix élevés.

Les impôts des entreprises ont fortement diminué. Au plus fort de la crise, chaque loi votée par le Congrès pour redresser l’économie a inclus des baisses d’impôts pour les plus grosses sociétés. Sous le démocrate Obama, leur taux réel d’imposition est actuellement à 20 %, encore moins que sous le républicain Bush. C’est le taux le plus bas depuis qu’Hoover a été président au moment de la grande crise de 1929.

Des entreprises très bénéficiaires, comme General Electric, General Motors, Goodyear et d’autres, non seulement n’ont pas acquitté d’impôt sur leurs profits, mais ont bénéficié de crédits d’impôt. C’est ainsi que la banque Wells Fargo, qui a fait 22 milliards de dollars de bénéfices en 2009, n’a pas payé d’impôts cette année-là et a même touché 4 milliards du fisc.

Ces cadeaux ont contribué aux déficits publics record qui ont fait doubler la dette publique américaine depuis 2007, passée de 9 000 à 18 000 milliards. Pour la seconde fois dans l’histoire (la première étant à la fin de la Deuxième Guerre mondiale), la dette fédérale est supérieure au PIB annuel. Cette dette enrichit les capitalistes. En 2014, les 431 milliards de dollars d’intérêts versés au titre du service de la dette ont atterri dans la poche de toute la classe capitaliste, par l’intermédiaire des banques et autres fonds financiers.

Pour financer de telles dépenses, les autorités ont imposé des coupes budgétaires sévères dans les programmes sociaux et les services utiles à la population. Leur part dans les dépenses publiques est la plus réduite depuis soixante ans, et des millions d’emplois ont été supprimés dans des secteurs aussi indispensables que la santé et l’éducation. Les infrastructures comme les écoles, les hôpitaux, les réseaux de transports, etc., ont été sous-financés et la main-d’œuvre nécessaire à leur entretien décimée.

Le rôle de la Fed

En 2008, alors que des institutions financières sombraient, la Fed a prêté en urgence et secrètement de l’argent aux banques. Au plus fort de la crise financière, elle a prêté en un seul jour près de 2 000 milliards de dollars. Ces prêts ont été captés presque entièrement par les six plus grandes banques. La Fed a aussi baissé ses taux d’intérêt à zéro, jusqu’en décembre 2015. Les emprunts des banques ne leur ont donc rien coûté. De plus, la Fed a racheté aux banques pour près de 2 000 autres milliards de titres assis sur les subprimes et ne valant plus grand-chose. Elle a ainsi soulagé la bourgeoisie de titres toxiques, remplaçant les mauvaises dettes par de l’argent frais. La Fed a aussi acheté pour 2 500 milliards de bons du Trésor, dont certains étaient adossés aux subprimes que le Trésor avait déjà rachetés aux banques, et tout aussi pourris. En d’autres termes, la Fed a créé plus de 4 000 milliards de monnaie, l’équivalent de plus d’un cinquième du PIB annuel, et en a donné une grande partie aux banques, directement ou indirectement.

Les banques, de leur côté, ont pris comme prétexte les très bas taux de la Fed pour diminuer jusqu’à zéro la rémunération des dépôts de leurs clients, tout en utilisant ces dépôts pour acheter des bons du Trésor rémunérés à 2 % ou 3 %, captant l’essentiel des centaines de milliards d’intérêts sur la dette que l’État américain doit débourser chaque année.

Quant aux milliers de milliards de dollars que les banques ont obtenus de la Fed, elles ne les ont pas prêtés, ni réinjectés dans l’économie. Elles les ont placés auprès de la Fed, qui leur a versé un intérêt de 0,25 %, ce qui est toujours plus que ce que les banques versent à leurs clients pour leurs dépôts. Cela a rapporté 6 milliards aux banques, sans qu’elles aient rien à faire d’autre que de redéposer à la Fed l’argent que celle-ci leur a donné.

Rachats d’actions, dividendes et dette des entreprises en hausse

Tout cet argent public a permis aux plus grandes entreprises de voir leur situation financière se redresser spectaculairement à partir de 2009. En même temps, le chômage s’envolait, car la crise a été l’occasion pour elles de tirer le maximum de la main-d’œuvre, d’accroître la productivité, d’augmenter les cadences, tout en diminuant les salaires et les avantages sociaux. Les profits, en termes de part du PIB, ont vite atteint des records inégalés depuis 1929, sans que cela mène pour autant à de nouveaux investissements.

Ce que ces entreprises ont obtenu, elles l’ont transféré à leurs actionnaires et à leurs plus hauts dirigeants. Ces cinq dernières années, elles ont racheté leurs propres actions pour une moyenne de 500 milliards de dollars par an, pour augmenter le cours des actions. Ainsi le pétrolier ExxonMobil a racheté ses actions pour 30 milliards par an. Globalement, les plus grosses sociétés ont fait bénéficier leurs actionnaires de plus de 90 % des profits générés. Elles ont fait passer les dividendes servis aux actionnaires de 600 à 900 milliards par an, après impôt. La masse des dividendes, toutes entreprises confondues, atteint environ 10 % du PIB.

Bien des entreprises ont profité de l’argent que la Fed met gratuitement à disposition du système financier pour emprunter afin de racheter des actions et de payer des dividendes toujours plus importants. Parmi elles IBM, Microsoft, Procter & Gamble, Pfizer, Bank of America ont dépensé plus que la totalité de leurs profits annuels, et parfois jusqu’à deux fois plus, en rachats d’actions et en dividendes servis à leurs actionnaires.

Cela a mené à une augmentation importante de leur dette et de la spéculation sur leur dette, ainsi que de la valeur de leurs actions. Au moment où la production est en récession, ou au mieux stagne, la valeur potentielle de la totalité des actions des entreprises américaines est évaluée à 26 000 milliards de dollars, soit une fois et demie le PIB annuel du pays.

Le très faible coût de l’argent emprunté a aussi stimulé une augmentation des fusions et acquisitions de sociétés. La valeur de ces opérations est de l’ordre de 4 000 milliards de dollars pour 2015 au niveau mondial, ce qui surpasse le record de 2007 avant l’effondrement. Aucune de ces fusions ou acquisitions n’est de l’investissement productif. Les grandes entreprises deviennent géantes pour contrôler leur marché en absorbant des concurrents et pour augmenter les prix. Elles s’approprient leur production, après s’être débarrassées de ce qui ne semble pas rapporter assez de profits. Presque à chaque fois cela se traduit par des suppressions d’emplois et une augmentation de la dette des entreprises.

Aujourd’hui, la valeur des obligations émises par les entreprises en contrepartie de leurs emprunts se monte à 40 000 milliards de dollars, constituant un marché financier de premier ordre. La taille de ce marché est le double de celui des cinq plus grandes places boursières d’Asie et d’Europe combinées. Cette immense dette a permis d’augmenter considérablement la valeur des entreprises, et la fortune de la bourgeoisie qui les possède, tout en les fragilisant et en constituant une bulle spéculative de plus. Ce qui accroît le risque de crise financière.

Les capitalistes, tout en étant conscients de ce danger, sont incapables d’augmenter leur capital au travers d’investissements productifs. Ils se ruent tous fiévreusement sur la spéculation, en bonne partie sur les titres de dette variés qui abondent. Et plus les emprunts sont risqués, plus ils rapportent des taux d’intérêt élevés aux prêteurs et plus les instruments financiers sur lesquels ils se fondent intéressent les spéculateurs.

De la spéculation sur les subprimes à celle sur les loyers…

Ce mécanisme était déjà à l’œuvre avant 2007, avec les emprunts immobiliers qualifiés de subprimes. Il y avait eu une telle demande de titres basés sur les hypothèques que les banques avaient tout fait pour pousser des ménages qui n’en avaient pas les moyens à acheter des maisons en les hypothéquant. Les banques avaient mélangé ces titres de dette risqués avec d’autres, au travers d’une titrisation rendant imperceptible le risque réel de défaut de paiement. Elles les avaient largement vendus, en truffant l’économie mondiale, jusqu’à ce que les défauts de paiement entraînent un chavirage général en 2007-2008.

En permettant aux banques et autres institutions financières de se sortir avantageusement de cette débâcle, le gouvernement américain et la Fed leur ont permis de tirer avantage des saisies immobilières. Incapables de faire face à leurs très coûteux emprunts, des millions de familles ont perdu leur maison au profit des banques. Parfois les banques ont revendu ces propriétés avec profit. Elles en ont aussi gardé pour les louer, et enclencher une titrisation similaire à ce qu’elles avaient fait avec les subprimes hypothécaires.

En quelques années, six millions de familles ont été chassées de leur logement, et cela continue pour plusieurs centaines de milliers par an pour encore au moins quelques années. Cette crise a provoqué une pénurie de logements qui pousse les loyers à la hausse, les familles les plus modestes devant y sacrifier une part toujours plus importante de leur revenu. Plus d’un quart des locataires voient plus de la moitié de leur revenu absorbé par leur loyer.

Les firmes de Wall Street y ont vu une opportunité. Elles mettent en œuvre à nouveau une titrisation, mais à présent les valeurs titrisées sont adossées aux paiements des loyers au lieu de l’être à ceux des hypothèques.

… sur les prêts automobiles…

Le marché des prêts à l’achat de voitures a explosé dans tout le pays. Au second trimestre de 2015, ces dettes ont dépassé pour la première fois les 1 000 milliards de dollars. Les prêts qui augmentent le plus vite sont les subprimes, prêts à fort taux d’intérêt s’adressant aux travailleurs qui ont déjà fait défaut auparavant sur d’autres remboursements d’emprunt. Au premier semestre 2015, le total de ces prêts automobiles subprimes a atteint 181 % du montant du premier semestre 2009, avec une valeur de 56,4 milliards de dollars.

Pour un emprunt destiné à l’achat d’une voiture neuve, un travailleur peut se voir imposer un taux d’intérêt annuel de 17 % à 18 % sur une durée moyenne de six ans, pouvant aller jusqu’à neuf ans. Ce taux peut grimper à 30 % pour l’achat d’une occasion. Ainsi, le coût de la voiture peut doubler et même tripler, ce qui est une charge intolérable. De plus, au bout du crédit, la voiture ne vaut plus rien. Les défauts de paiement n’ont pas tardé à s’accumuler, malgré tous les sacrifices que les gens font pour éviter la perte de ce moyen de transport indispensable pour travailler dans bien des zones du pays. Les saisies d’automobiles pour défaut de paiement ont presque triplé ces deux dernières années.

Wall Street pratique aussi une titrisation adossée aux dettes automobiles et les répand dans le système financier mondial. En hausse de 10 % par rapport à 2014, 70 milliards de ces titres ont été vendus en 2015. Le tiers est basé sur les emprunts subprimes, très demandés puisqu’ils rapportent beaucoup, mais très risqués également.

La presse économique tâche de minimiser ce problème, qui fait immédiatement penser à la phase qui a précédé la crise des subprimes immobiliers de 2007. Elle explique que le montant des subprimes automobiles est encore faible, ce qu’elle expliquait il y a dix ans pour les subprimes immobiliers, qui représentaient 18 % du marché hypothécaire. Or ces subprimes faisaient partie d’une immense bulle spéculative et, quand ce marché s’est effondré, la crise s’est propagée très rapidement d’un secteur à l’autre, entraînant toute l’économie dans sa chute.

L’automobile est un secteur majeur de l’économie américaine. Ces prêts subprimes ont contribué à en élargir le marché, qui a doublé depuis 2009, passant de 9 à presque 18 millions de véhicules vendus en 2015. Les profits des constructeurs ont explosé, combinant leurs bénéfices directs sur les ventes avec ceux de leurs filiales financières, qui engrangent les intérêts liés aux prêts.

Les emprunts subprimes automobiles jouent donc le même rôle que les subprimes immobiliers de la décennie précédente. Ils donnent un coup de fouet à l’économie en accumulant les risques de crise en cascade. La catastrophe de 2007-2008 a beau être récente, elle n’empêche en rien la folie financière de recommencer.

… et les prêts étudiants

Les banques et les constructeurs automobiles ne sont pas les seuls à gonfler la bulle des emprunts subprimes pour extorquer l’argent des travailleurs qui essaient juste d’obtenir ce qui leur est indispensable, un logement et une voiture. Le gouvernement américain en fait tout autant.

C’est à présent le principal fournisseur de prêts étudiants, qui sont en fait un nouvel avatar des subprimes. Aujourd’hui, 41 millions de personnes doivent près de 1 500 milliards de dollars de prêts étudiants, un montant qui a triplé en une décennie. La montée en flèche du chômage suite à la crise de 2007-2008 a incité des millions de gens, dont nombre d’adultes retournant à l’université, à faire des études supérieures pour décrocher les diplômes leur permettant d’augmenter leurs chances d’obtenir un emploi. Ce qu’ils ont obtenu, en réalité, c’est un immense fardeau de dettes.

Les banques en profitent : elles détiennent 10 % de ce marché, ce qui leur procure le paiement d’intérêts ; elles sont aussi des intermédiaires rémunérés pour les prêts étudiants accordés par l’État. Mais c’est l’État qui encaisse l’essentiel des intérêts des prêts étudiants. Pour les deux années 2012-2013, il a perçu 86 milliards de dollars à ce titre, qu’il s’est employé à redistribuer en cadeaux aux grosses entreprises.

Tirant aussi profit de ce besoin d’éducation, les universités privées ont fait florès. Celles qui sont des filiales des grosses entreprises sont en réalité des arnaques : elles distribuent des formations et des diplômes ne valant pas grand-chose. Elles ont conquis le marché de l’éducation supérieure à mesure que le gouvernement diminuait les financements des universités publiques et rendait les études supérieures plus coûteuses, alors que leurs moyens et le nombre d’enseignants étaient en diminution.

À coup de publicité massive, les universités privées ont attiré des millions d’étudiants issus des milieux populaires, en se présentant comme un intermédiaire qui facilite l’obtention de prêts étudiants du gouvernement. Ces entreprises vendent des études et sont payées rubis sur l’ongle en captant les prêts de l’État, tandis que les étudiants ne détiennent plus que la dette.

Le gouvernement ne fait pas de cadeaux à ceux qui se sont endettés durant leurs études. Ceux qui ne peuvent pas rembourser leur emprunt se voient, en sus, appliquer des pénalités. Même la procédure de faillite personnelle n’annule pas ce type de dette, qui poursuit les gens jusqu’à la tombe. Près d’un million de retraités remboursent actuellement des prêts étudiants, que ce soient les leurs ou ceux de leurs enfants ou petits-enfants pour lesquels ils se sont portés garants. Un quart de ces retraités ont fait défaut sur ces remboursements, beaucoup subissant la saisie directe de 15 % de leur pension de retraite.

En 2012, Obama a lancé un programme de rééchelonnement des dettes que de plus en plus d’ex-étudiants sont incapables de payer. Même si cela réduit les mensualités de plusieurs centaines de dollars, la durée du prêt augmente souvent de plus de dix ans. Au bout du compte, la somme des intérêts est augmentée et les gens restent prisonniers de ce piège encore plus longtemps.

Commençant leur vie active avec une dette considérable, nombre de travailleurs ne peuvent plus emprunter par la suite qu’aux taux très élevés de subprimes s’ils ont besoin d’acheter une voiture ou d’un prêt-relais pour payer leur loyer jusqu’au versement de leur salaire suivant. Tous ces prêts nourrissent le système financier et donnent à Wall Street la matière première pour des titrisations juteuses.

Un système destructeur

Toute l’économie fonctionne comme une pompe géante alimentant une classe capitaliste avide. Les travailleurs, eux, accumulent les dettes et sont victimes d’usuriers modernes et de crises toujours plus dangereuses et destructrices.

Ce système ne peut être contrôlé ou régulé, car il est fondé sur une seule logique : l’accumulation privée de profits et la concurrence pour en accumuler encore plus. La financiarisation croissante de l’économie, se nourrissant des intérêts des emprunts de toute sorte, enfonce toujours plus le capitalisme déclinant dans un océan de dettes.

Les opérations financières ne créent pas de richesses. Le capital n’est plus investi dans la production. Il est juste utilisé pour accaparer la richesse existante. C’est un parasite qui vise à sucer l’argent partout où il peut en trouver. Le capitalisme se cannibalise lui-même, entraînant la grande majorité de la population dans la pauvreté, même sans effondrement brutal. Or un tel effondrement peut survenir à tout moment, car le système est miné par la montagne de dettes sur laquelle il est de plus en plus basé.

Le capitalisme ne peut être réformé. Il est néfaste et il faut s’en débarrasser.

2 janvier 2015